Magnésium, un allié indispensable :L’impact des déficits en magnésium sur le cœur, l’os, le psychisme et la santé en général, n’est pas assez pris en compte malgré la carence nutritionnelle de la majeure partie de la population.

QUEL MAGNÉSIUM CHOISIR ?

Cette question posée lors de chaque conférence ou réunion organisée autour du thème du magnésium et de la spasmophilie bénéficie d’une nouvelle information scientifique conduite par une équipe de l’INRA de Theix/Clermont Ferrand. Les auteurs ont comparé les quantités de magnésium retenues par l’organisme chez le rat déficient en magnésium et les capacités à rétablir un taux normal de magnésium. Comme cela a déjà été prouvé, les sels de magnésium organiques (acétate, pidolate, citrate, gluconate, lactate, aspartate) sont mieux retenus dans l’organisme que les sels de magnésium minéraux (oxyde, chlorure, sulfate, carbonate).
Le premier au hit-parade semble être le gluconate de magnésium
. La surprise provient plutôt de la non différence entre les dix magnésiums testés au niveau de la capacité à remonter le taux de magnésium globulaire, osseux ou plasmatique (ils ont tous les dix une action positive).
Tous les magnésiums n’ont pas été testés, il reste à évaluer les orotates, guanilates et glycérophosphates.

MAGNÉSIUM ET GROSSESSE

En raison de notre mode de vie et d’alimentation, le statut en ma-gnésium est déficitaire pour toute la population et plus encore chez les femmes pour lesquelles, en moyenne, la ration alimentaire est moindre. Sur ce déficit chronique d’apport, la grossesse entraîne une augmentation de l’élimination du magnésium. Les causes de cette fuite ne sont pas encore complètement expliquées mais font appel aux modifications cardiovasculaires observées pendant la gestation, comme les augmentations du débit cardiaque, du rythme cardiaque, du volume sanguin et la diminution de la pression artérielle moyenne. Toutes ces modifications font intervenir les mouvements ioniques cellulaires et par conséquent, accroissent l’utilisation du magnésium.
Par ailleurs, l’embryon, puis le fœtus se charge naturellement en magnésium. Dans ces conditions les apports nutritionnels conseillés en magnésium (6mg/kg/j), déjà rarement observés doivent être aug-mentés de 40 à 150 mg durant toute la grossesse, surtout lors des premiers mois et durant le troisième trimestre. Cette augmentation des apports doit être poursuivie lors de l’allaitement.
Les résultats d’études montrent que la complémentation magnésique dès le début de la grossesse apporte un meilleur confort et une moindre morbidité chez la femme enceinte sans aucun effet nuisible pour la future maman et le fœtus.
De nombreuses études montrent qu’un bon apport en magnésium durant toute la période de gestation diminue :
- le nombre des avortements spontanés ;
- la morbidité fœtale et maternelle avant et après accouchement ;
- le risque d’hypotrophie à la naissance ;
- le risque d’éclampsie (l’administration intraveineuse de Mg est le traitement de référence de la pré-éclampsie et de l’éclampsie) ;
- les crampes musculaires et les douleurs induites par les contractions utérines. Lors de grossesse pathologique, le magnésium permet de réduire les doses de bêta mimétiques.

En cas de déficit magnésique, voire de carences chez la mère, quelles sont les conséquences pour le nourrisson puis le jeune enfant ?
Le magnésium, parmi ses nombreux rôles physiologiques, agit sur l’expression et la régulation des gènes, en particulier, ceux qui sont impliqués dans la maturation neuronale. Le résultat dépend en premier lieu de la génétique de chacun et le risque d’un déficit magnésique peut, selon l’individu, passer inaperçu ou au contraire avoir des conséquences gravissimes. Actuellement, aucune étude chez l’Homme ne permet de confirmer ces présomptions alors que c’est démontré chez l’animal (rat). Ainsi, des pathologies comme la mort subite du nourrisson, l’hyper-activité infantile et même l’autisme qui sont de nature génétique pourraient être observées en plus grand nombre chez des enfants dont la mère était carencée en magnésium durant la grossesse. En l’absence de preuves absolues dans ces do-maines, et en raison des effets bénéfiques régulièrement rapportés, il convient de ne jamais oublier de majorer l’apport en magnésium chez les femmes enceintes.