L’hyperactivité, aussi appelée ADHD (Attention Deficit and Hyperactivity Disorders), est décrite depuis le début du vingtième siècle ; elle représenterait 3 à 9 % de la population enfant et adulte. Selon certains auteurs, il ne s’agirait pas d’une maladie mais d’un symptôme. Les premiers signes apparaissent en général assez précocement pendant la deuxième année de vie, les signes les plus fréquents étant des troubles du sommeil, une difficulté à rester assis tranquille et une propension à se mettre en danger. Le tableau décrit à partir de trois ans est celui d’un enfant hyperexcitable, impulsif voir agressif, ayant une difficulté à se concentrer. Ce tableau clinique perturbe évidemment rapidement la vie scolaire de l’enfant. Le diagnostic est souvent fait tardivement. Une transmission familiale est évoquée et tous les spécialistes s’entendent pour promouvoir une prise en charge précoce.
Les traitements proposés actuellement sont les psychostimulants (le méthylphenydate plus connu sous le nom de Ritaline®) et l’atomoxétine. Les antidépresseurs sont déconseillés depuis février 2005.  Les tranquillisants ou anxiolytiques sont toujours contre-indiqués.
Plusieurs éléments ont incité le docteur Mousain-Bosc à compléter son approche clinique par des explorations sur le magnésium. Ce dernier est bien connu pour ses effets régulateurs sur la transmission de l’influx nerveux et la régulation de la libération des neuromédiateurs. Des travaux menés chez la souris montrent qu’un régime pau-vre en magnésium (réduction de 20% de l’apport quotidien) la rend hyperexcitable et hypersensible. Cette situation nutritionnelle cor-respond d’ailleurs à environ la moitié de la population adulte française (SUVIMAX). Il faut tout de même expliquer pourquoi 50% de la population n’est pas hyperactive : en effet, les individus ne sont pas égaux devant cette déplétion en magnésium. La découverte de polymorphismes concernant les gènes des protéines de transport du magnésium (TRPM) explique que les personnes possédant des protéines transporteuses « lentes » sont plus sensibles à un régime pauvre en magnésium. Les travaux publiés sur TRPM7 cette année sont indiscutables. Il existe certainement aussi d’autres cofacteurs expliquant une plus grande sensibilité à un régime pauvre en magnésium.
Sur le plan clinique, il est aussi très intéressant de remarquer la proximité des symptômes décrits dans la spasmophilie décompensée (souvent en rapport avec un déficit en magnésium) et les tableaux cliniques d’ADHD de l’enfant ou de l’adulte : besoin de mobilité en raison de douleurs ou d’hypotension, troubles de concentration, difficulté de mémorisation…
L’étape suivante a consisté à pratiquer (collaboration avec le Professeur Jean-Pierre Bali), des dosages de magnésium érythrocytaire sur les enfants hyperactifs. La répartition des résultats montre que les dosages de magnésium des enfants hyperactifs se situent dans la partie inférieure des dosages effectués dans l’ensemble de la population (voir schéma).
La confrontation de l’ensemble de ces données était suffisante pour proposer une supplémentation en magnésium et vitamine B6 à ces enfants (magnésium : 6mg/kg/jour, vitamine B6 0,6mg/kg/jour). Après six mois de supplémentation, sans aucune addition de médicament psychostimulant, on observe une amélioration indiscutable avec correction de la plus grande partie des symptômes initialement présents. Une confirmation supplémentaire de l’efficacité de cette stratégie thérapeutique a été apportée par des interruptions suivies de reprises du traitement.
L’interruption est suivie d’une réapparition des symptômes, rapidement corrigés par la réintroduction du magnésium aux doses recommandées ci-dessus.
Cette thérapeutique simple, efficace et économique devrait redonner de l’espoir à de nom-breux enfants, parents et adultes concernés par ces désordres.
Travaux présentés lors des journées de nutrition infantiles du 1er octobre 2005 organisées par Blédina.
Nos remerciements au Professeur Jean-Pierre Bali pour ses conseils.

Docteur Marianne Mousain-Bosc Docteur Philippe Tournesac