Numéro 39 - Mai/Juin 2014
Numéro : 39
Période : Mai/Juin 2014
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Actualité médicale
La mitochondrie   

Santé intégrative
La thérapie de soutien du médecin face à un patient déprimé
À lire
Plonger au cœur de soi…                                      
Votre poids et vous : arrêtez la lutte !                         
Pour une enfance heureuse                                  
Manuel de Sophrologie                                  
Connaître
• La TAT (Tapas Acupressure Technique)                              
Chronique
Où en sommes-nous aujourd’hui de notre sexualité ?

DOSSIER : ÉTATS MODIFIÉS DE CONSCIENCE

Micronutrition
Quels sont les effets avérés de la bromélaïne ?                    
À votre écoute
Jean Marais parlant de la mort                                               
Pathologies neurofonctionnelles
• Discrimination et santé publique                                           
• Perspectives thérapeutiques                                               
Sport
Les tendinites chez le basketteur                                          
Art & émotion
Heimat d'Edgar Reitz                                                             
  Leurs grandes ailes ne les ont pas empêchés de voler...48
Recette
Chupe de saumon

 Lire l'édito

Au centre le patient  par le Dr Philippe Tournesac

La médecine individualisée progresse en théorie, mais nous avons encore beaucoup de retard à combler pour passer à la pratique. Dire que les êtres humains sont différents les uns des autres peut sembler une lapalissade, pourtant la plupart des protocoles de soins sont établis sur des groupes d’individus de taille limitée, non représentatifs de l’ensemble de la population. La posologie de n’importe quel médicament en France est rédigée pour des individus de type caucasien ; cela fait mieux que de dire blanc occidental ! Les notices spécifiques en fonction de l’origine ethnique sont rares. Pourtant les études scientifiques démontrent que de nombreux médicaments doivent tenir compte de cette origine. Qu’en est-il du métissage ? Les variations génétiques même minimes, appelées polymorphismes, peuvent modifier du simple au double, voire plus, la dose de médicament efficace ou le seuil de toxicité. L’environnement des gènes modifie leur fonctionnement. L’histoire d’un patient peut l’amener à devenir hypersensible à une ou plusieurs substances. Ce que nous mangeons, notre passé infectieux, toxicologique, psychologique interviennent aussi. Il faut choisir des soins pour le patient qui lui correspondent. La pharmacogénétique(1), la pharmacogénomique(2) et un meilleur recueil du passé médical du patient vont nous permettre des choix de thérapeutiques et des protocoles plus adaptés et mieux individualisés.
Dans cette stratégie, c’est encore le thérapeute qui décide de ce qui est bon pour le patient. Les rôles restent distribués, il y a le décideur et l’élève soumis qui doit respecter la prescription. Comment s’y opposer quand elle a été choisie pour son bien, en tenant compte de ses particularités ? Comme les connaissances génétiques et épigénétiques seront toujours insuffisantes, le choix sera toujours arbitraire. Pourquoi le médecin aurait-il seul le choix des effets secondaires ou des risques à supporter ? Informer le patient n’est pas suffisant.
La médecine intégrative propose d’aller plus loin. Le patient se retrouve au centre de sa santé. Il doit avoir le choix et être écouté et entendu quand il donne son avis. Il ne peut pas tout décider puisqu’il ne dispose pas des connaissances acquises pendant de nombreuses années par le thérapeute. Ce n’est pas parce que l’on a la connaissance que l’on fait forcément le bon choix. Ses besoins lui sont propres, pourquoi le patient ne pourrait-il pas décider ? Être ou ne pas être soigné ? Que soigner ? À quel moment ? Quels outils choisir ? S’il ne se sent pas apte à décider, qui va décider ?
J’espère qu’un jour plus aucun patient ne s’entendra dire : « Mon traitement est le bon, vous devez le respecter » ; « Si vous refusez ce traitement, je refuse de vous revoir »…

1. Pharmacogénétique : Etude de diversité de réponse à un médicament en fonction des caractéristiques génétiques de l’organisme traité.
2. Pharmacogénomique : Effets des gènes sur le métabolisme des médicaments : actions variables des molécules thérapeutiques selon le génome de chaque individu.

Numéro 39 - Mai/Juin 2014 5,40 €
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