Numéro 18 - Novembre/Décembre 2010
Numéro : 18
Période : Novembre/Décembre
Au Sommaire...

Actualité médicale
Régime Dukan, attention
Grossesse : mangez bio !
10H : le scandale des maternelles 

Psychologie
« Les livres, c’est bon pour tous les bébés » 

Connaître
La méthode Mézières 

Thérapie intégrative
La naturopathie aujourd’hui

Psychosociologie
Manuel de survie dans le monde du travail 

Chronique
Heureux traité 

DOSSIER : MALADIES AUTO-IMMUNES

Société
Risques psycho-sociaux au travail et droit social 

Interview
Martine Laval : N’écoutez pas votre cerveau ! 

Actualité fibromyalgie
Résistants ou mal compris ?
Pourquoi ?
La pleine conscience pour une pleine santé

À lire - À voir
Une vie pour se mettre au monde
Fréquence Monet : ondes et vibrations 

Art & émotion
Les pépites de l’année 

Recettes
Collation riche en magnésium 

 

 Lire l'édito

Plus de vie, plus de travail par le Dr Philippe Tournesac

Depuis des années, l’espérance de vie augmente. On nous prédit une “épidémie de centenaires” dans les décennies à venir. Fort heureusement, il semble que cet allongement de durée de vie se fasse surtout au profit d’années en bonne santé. L’âge de début des pathologies de vieillissement et d’entrée en maison de retraite recule. Au milieu de cette vision idéale, certains tirent des sonnettes d’alarme : dégradation de l’environnement, réchauffement ou refroidissement de la planète, augmentation de la densité des rayonnements électromagnétiques, surpopulation, OGM… Ils pointent du doigt de nombreux dysfonctionnements et prévoient un raccourcissement de l’espérance de vie à moyen terme.

Les objectifs principaux des êtres vivants sont la survie, la pérennité et le développement de l’espèce. La notion de plaisir apparaît seulement chez les espèces plus évoluées. L’augmentation de l’espérance de vie entre-t-elle dans les objectifs principaux ou s’agit-il seulement de faire durer le plaisir ? Quand on interroge les humains, la plupart souhaite vivre longtemps. Les moyens qu’ils mettent en œuvre dans cet objectif sont en général limités par leur désir de plaisir.

Une stratégie préventive intelligente ne doit pas oublier le plaisir. Les progrès nutritionnels, les activités sportives, les conditions de vie ou de travail doivent être réfléchis dans ce sens. Psychologiquement, les émotions désagréables inhibent le plaisir. La souffrance physique ou psychologique va certainement à l’encontre du plaisir, elle peut même déboucher sur un désir de mettre fin à ses jours. La maladie motive souvent les soins. Encore faut-il qu’ils respectent nos besoins essentiels. L’impact des traumatismes de vie sur la persistance ou la chronicisation de la peur, de la culpabilité ou de la colère rendent leur prise en charge indispensable.

La retraite a été créée pour apaiser la souffrance des séniors. Avec le temps, le plaisir de vivre ou de profiter de cette période s’est installé. Allonger la durée du travail a, bien sûr, été perçu comme une limitation de la durée de plaisir. Nous devons maintenant entamer une véritable réflexion autour du travail pour que celui-ci ne soit plus, en général, synonyme de souffrance. Les conditions de travail physique ont été nettement améliorées dans les usines, mais l’arrivée des open space dans les bureaux est une catastrophe. À Paris, les moyens de transports, quand ils fonctionnent, ressemblent trop souvent à des wagons de bestiaux. Il s’est aussi installé un climat psychologique effroyable avec des méthodes de management aberrantes : pression de rendement, harcèlement.

Après la réforme des retraites, on peut espérer qu’une véritable réforme des conditions de travail sera entamée. Avec ce numéro, nous débutons une réflexion autour de la santé et du travail. Nous souhaitons la poursuivre dans les numéros à venir.

Numéro 18 - Novembre/Décembre 2010 4,50 €
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